Qu’est-ce qu’un traumatisme?

Définition

Le terme traumatisme est dérivé d’un mot de grec ancien signifiant plaie ou blessure. Un traumatisme psychique est donc un phénomène d’effraction du psychisme, dû à l’exposition à un stress ou à une situation comportant une menace majeure ou une dimension de catastrophe et qui serait source d’un profond désespoir chez presque tout en chacun. 

Le vécu et le ressenti saisissent la personne au point de dépasser momentanément ou durablement ses capacités d’adaptation individuelles. Une telle expérience a un effet perturbant et humiliant sur elle, et ébranle de façon persistante l’image qu’elle a d’elle-même et du monde. Une rupture intervient ainsi dans le rapport de la personne au monde, lequel n’est plus perçu comme avant.

Le traumatisme n’est pas forcément induit par des événements stressants dont on ferait directement l’expérience. Il peut l’être aussi par des événements dont on est témoin:

  1. on assiste à la mise en danger de la vie d’autrui;
  2. on apprend par une tierce personne qu’il est arrivé quelque chose d’effroyable à un être cher;
  3. on est exposé à des situations ou, du fait de contacts directs avec des personnes traumatisées et de leurs récits, on est confronté de façon récurrente à des détails relatifs à un vécu traumatique (traumatisme secondaire).

Spécificités des événements

L’exposition à une menace vitale ou toute autre expérience traumatique n’occasionne pas forcément une maladie psychique ou un trouble post-traumatique. La perception subjective de la menace par la personne est ici déterminante. Elle dépend notamment de l’intensité de l’événement traumatique et des circonstances de sa survenue.

Plus les expériences traumatiques sont intenses, brutales et fréquentes, plus le risque d’un traumatisme psychique est élevé. Les réfugiés (mineurs) présentent souvent un traumatisme complexe, apparu sur une période prolongée sous l’effet de différents événements qui se sont produits avant, pendant et après la fuite. Ces expériences traumatiques individuelles se renforcent mutuellement et, en se cumulant, entraînent un état de stress psychique qui dépasse les séquelles de chacun des événements en cause. Dans ce cas, on parle de traumatisme séquentiel.

En outre, l’expérience subjective dépend considérablement de ce qui s’est exactement produit. Une distinction doit être opérée entre

  1. les événements soudains, imprévisibles et/ou non intentionnels (p. ex. catastrophes naturelles ou technologiques) et
  2. les événements délibérément causés par autrui.

Les événements traumatiques qui ont le plus lourd impact sur la santé psychique sont ceux qui surviennent de façon récurrente et sont délibérément induits par autrui tels que guerre, persécutions, tortures et/ou violences sexuelles et, dans le pire des cas, perpétrés par des personnes avec lesquelles la victime entretient un lien personnel étroit. Ils ébranlent profondément la confiance foncière de l’individu à l’égard des autres et du monde. Les réfugiés ont souvent été exposés à de telles expériences.

Facteurs protecteurs

La capacité des enfants et adolescents à surmonter des événements traumatiques ne dépend pas seulement de l’événement subi lui-même, mais également des conditions de vie qui sont les leurs dans le pays d’accueil et de leurs ressources personnelles (stabilité des liens familiaux, soutien social, sécurité du statut de séjour, moyens matériels et aptitudes personnelles). Au nombre des aptitudes personnelles figurent:

  1. les capacités de réflexion et de communication, l’endurance, l’équilibre, la souplesse, la créativité;
  2. des dispositions d’esprit telles que l’optimisme, la capacité à donner du sens à son vécu et la foi.

Facteurs de risque

L’apparition d’un trouble post-traumatique peut être favorisée par différents facteurs comme

  1. un âge jeune,
  2. un statut de séjour incertain,
  3. des conditions de logement précaires,
  4. des possibilités d’occupation limitées,
  5. des perspectives inexistantes.

En résumé, la règle est la suivante: plus la personnalité de l’enfant ou de l’adolescent est vulnérable et sa situation est précaire, plus le risque est élevé qu’il souffre de troubles post-traumatiques.

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